Category Archives: Views

Un Printemps 1987

En écoutant la chronique de Mathieu Conquet ce matin sur France Culture, et les premières notes du groupe qu’il présentait, je me suis dit, propos ô combien original, que tout ceci sonnait furieusement « eighties ».

J’alors réalisé que trente ans plus tôt, à exactement la même époque j’écoutais Why Can’t I Be You?, le single (d)étonnant que The Cure venait de sortir. J’étais en vacances au fin fond du Berry, chez mes grands-parents, j’écoutais en boucle (mais sur une cassette audio) la face B « A Japanese Dream » et la batterie hypnotique de Boris Williams (il y avait des faces à l’époque, même si on était en était au CD single -voire même au CD Video single pour les plus chanceux, avec extended mix et clip réalisé par Tim Pope…).
WCIBU cover

WCIBU CD

Depuis peu, je trouvais U2 digne d’intérêt, avec « With or without you », single de The Joshua Tree sorti quelques semaines avant. Le grand, double « Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me » n’était pas encore sorti, on ne m’avait pas encore fait écouter « The World Won’t Listen » des Smiths, qui devait changer bien des choses.

Je ne m’étais pas encore pris les deux grosses claques musicales de l’année, à savoir écouter (sur la géniale Sony FH-150R) « True Faith » de New Order (et plus généralement tout le double CD Substance, mais là c’est une autre histoire qui commence) puis, après l’été, « Never let met down again » de Depeche Mode, suivis de loin jusque-là.

Après, puisqu’il faut assumer tout son passé musical, c’est aussi l’année où Erasure a sorti « The Circus », les Pet Shop Boys « Actually » où INXS triomphait avec l’album Kick, et où je me disais, en écoutant Sting et Nothing like the Sun qu’un jour il faudrait que j’apprenne à connaître le jazz.

Je n’avais pas encore été déçu par The Cure et leur Disintegration, je nourrissais mon goût de l’anglais, je vivais à chaque écoute les énormes qualités du Mainstream de Lloyd Cole and the Commotions, injustement négligé. Et quand (comme tout le monde) je regarde sur Wikipedia, je me rappelle que 1987 verra aussi percer les Pixies et les Happy Mondays, R.E.M. devenir plus qu’un groupe de College Radio.

En France, on guettait les longues interviews et les annonces de sorties d’un nouveau mensuel en noir et blanc (« trop de couleur distrait le spectateur ») nommé Les Inrockuptibles, qui était en train de donner un coup de vieux aux magazines Best et Rock’n Folk.

C’était, en tout objectivité et sans bien sûr aucune nostalgie ni enjolivement dû au temps, une année musicalement exceptionnelle. Il y a(vait) des années comme ça.

 

 

 

 

1987

Thirty years ago, almost to the day, The Smiths released their non-album single ‘Shoplifters of the World, Unite’. This masterpiece hasn’t aged a bit, and remains one of the best songs of a musically thrilling decade. Johnny Marr’s music and Morrissey’s words made an unforgettable impression on me. I was 16.

blue-shoplifter